Delphine Froid - Digital learning - freelance - test - erreurs

Première mission freelance : le bilan

Cela faisait un moment que je voulais vous partager mon bilan sur ma première mission en freelance alors le voici ! 

J’espère qu’il vous aidera à anticiper quelques petites choses que je n’ai pas réussi à gérer malgré toute ma bonne volonté de bébé freelance 😅 !

Topo

Ma première mission en freelance est arrivée grâce à mon réseau. J’en ai brièvement parlé dans mon article rédigé pour Posetadem. La mission devait se réaliser dans les locaux de l’entreprise mais nous sommes rapidement passés au télétravail.

Depuis mes débuts, j’ai pris l’habitude de faire un bilan des aspects positifs et ceux à améliorer pour chaque projet client. J’en suis vraiment ravie puisque ma mémoire à long terme est parfois défectueuse. 

Je vais donc reprendre mes notes pour vous partager, ce qui me semble important pour toute première mission freelance.

Gérer la frustration

Alors, qu’on se le dise, quand on se lance en freelance, on s’imagine tout plein de superbes choses. On rêve souvent de pouvoir choisir ses clients et ses projets. Sauf qu’au début, à priori, quand on n’a pas fait d’effort de communication, de visibilité ou de prospection, c’est plutôt difficile à réaliser.

Je n’avais pas vraiment fait ces efforts par manque de temps lors de mon lancement. Alors forcément, les projets qui m’ont été proposés ne me correspondaient pas forcément. Il y a donc eu cette première petite frustration à gérer mais elle n’était pas bien méchante car elle était de mon fait et puis on est toujours content lorsqu’on décroche une mission. J’ai choisi de prioriser d’autres choses à la recherche de missions qui me correspondait vraiment

Au cours de cette mission, je me rappelle avoir eu le sentiment d’être davantage une exécutante qu’une partenaire. Les délais étaient serrés, tout comme le budget alors je n’avais pas vraiment la possibilité de proposer quelque chose de très poussé. Mais une fois encore, j’en prends la responsabilité. Au moment où je pense que j’aurais pu faire passer mes idées, je me suis dégonflée. Oui, le syndrome de l’imposteur m’a attaquée en pleine réunion et ça me turlupine encore aujourd’hui !

Maintenant que j’ai pris du recul par rapport à cette situation, je me rends compte qu’il s’agissait sans doute d’un problème de posture (et de confiance en moi) face à mon client. Je me retrouvais face à des personnes très compétentes et me suis sentie d’un coup toute petite.

Cela m’a frustrée alors que j’ai moi-même créé ce rapport inégal qui m’a fait perdre mes moyens. Depuis, je travaille dessus car je voudrais éviter que cela se reproduise.

Je pense que la meilleure façon de gérer la frustration liée à une mission est de :

  • prendre sa part de responsabilité dans ce qui arrive et de travailler sur soi. L’objectif est d’adopter la posture qui nous permettra d’apporter le meilleur à notre client mais aussi de nous sentir mieux dans notre peau et par conséquent, dans notre travail.
  • Lorsque les délais d’un projet ne sont pas réalistes, il vaut peut-être mieux demander plus de temps ou revoir les résultats escomptés à la baisse. Faire en sorte que cela soit clair pour tout le monde et que les décisions soient prises en connaissance de cause.

Anticiper les problèmes

Lorsque l’on passe de salarié à freelance, on ne réalise pas (on l’imagine pourtant!) le grand changement que cela produira dans notre quotidien. On se retrouve à gérer tant de casquettes qu’on peut vite oublier certaines bases que l’on gérait très bien en tant que salarié !

Voici une perle (c’est cadeau) : je travaille sur deux écrans, un grand et celui de mon pc (15 pouces). Habituée au grand écran, j’ai effectué tout mon travail dessus. Une fois vérifié, je l’envoie au client. Il m’annonce qu’il ne voit quasiment rien car la police est trop petite.

J’avoue ne pas avoir percuté tout de suite sa remarque jusqu’à que je regarde ce même fichier dans mon écran de 15 pouces ! Effectivement, une police de 18 n’a visuellement pas la même taille sur différents écrans. Elémentaire… j’en ai eu extrêmement honte mais je tenais à vous le partager pour que vous reteniez, que, aussi vigilant que vous soyez, il vaut mieux prévoir les problèmes au maximum. J’en ai passé du temps à changer la taille de mes textes dans un outil pas du tout user-friendly à ce niveau, alors si je peux vous éviter cela 😏

Un autre pour la route : pensez à vérifier que le devis et donc la facture indiquent la bonne entité. Cela vous évitera des décalages de paiement. Il n’est pas rare d’échanger avec les collaborateurs d’une entité mais de devoir faire le devis pour une autre ! Quand on ne demande pas confirmation et que le client n’y fait pas attention, il peut se passer des semaines avant que quelqu’un ne le remarque. 

Pour résumer:

  • essayez de poser un maximum de questions en début de projet,
  • testez de différentes manière votre livrable (si applicable)
  • imaginez les pires scénarios pour trouver des solutions avant d’y être confronté (dans la mesure du possible) 🙂

Définir des règles de communication

Je crois que ce point a été ma plus grosse erreur durant la mission. 

J’avais établi un nombre de jours par semaine (les jours aussi d’ailleurs) où je travaillerai pour le client ainsi que les dates de rendu des livrables et de retours client. Nous avions aussi défini nos moyens de communication.

Ce que je n’avais pas prévu, c’était la différence entre la théorie et la pratique concernant le temps de réponse du client. Pour diverses raisons, je me suis retrouvée à attendre parfois une journée entière et même des jours. Cela m’a posé pas mal de problèmes en termes de gestion de planning.

Au final, j’étais disponible 7 jours sur 7 de 8h à 21h pour mon client tout en gardant les mêmes dates de livraison. Je vous épargne les détails sur mon état physique après deux mois entiers sous ce rythme, en plein confinement, avec un bébé de 7 mois. 

Aussi, j’avais deux interlocuteurs dont un principal. Je ne faisais valider les différents livrables qu’à mon interlocuteur principal comme prévu depuis le début de mission. Résultat : sur l’un des projets, j’ai dû reprendre le travail car les deux interlocuteurs n’avaient pas les mêmes souhaits.

J’ai appris beaucoup durant cette mission mais je l’ai aussi clairement mal vécue. 

Pour éviter cela, je crois qu’il est impératif de :

  • définir des créneaux de disponibilité et d’en parler (sauf si cela ne nous dérange pas évidemment). Maintenant, j’en parle et je les indique dans mes contrats.
  • ne pas s’oublier et écouter son corps même si nous souhaitons satisfaire notre client. Je ne me suis pas trouvée très maligne d’avoir aussi peu écouté les signaux d’alerte que m’envoyait mon corps et mon intuition. Rappelons-nous que nous sommes notre outil de travail.
  • s’assurer que les parties prenantes se sont mises d’accord entre elles avant de se lancer dans le projet et même en cours de projet lors des validations.
  • décaler la livraison des livrables quand le retour a trop tardé me semble être un bon compromis pour préserver la qualité de notre travail car nous n’avons pas d’impact sur le planning du client.

Oser s’affirmer en tant que freelance

Ce sujet a toujours été l’un des plus compliqués pour moi. Et si, au fond, je n’étais pas légitime pour affirmer telle chose? Cela remonte à loin, la vie nous fait vivre des expériences qui nous marquent et nous façonnent plus ou moins. Elle a fait de moi une personne introvertie. Je dois dire que nous autres, introvertis, n’avons pas la plus grande facilité du monde à nous affirmer. Mais cette fois, j’étais à mon compte alors je devais faire un effort. Et ce, même s’il s’agissait de ma première mission en freelance.

Mon client, qui a ce moment était encore mon prospect, m’a demandé de baisser mon tarif après un premier rabais. Je savais que si je réduisais davantage le tarif, je ne serai plus rentable. C’est donc avec crainte que j’ai dit que ce n’était pas possible. Je ne vous raconte pas l’angoisse durant l’attente de sa réponse! Finalement, il m’a juste répondu “ok, pas de problème”. C’est à ce moment que j’ai percuté que les clients sont comme nous 👏. Ils partent du principe suivant “qui ne tente rien n’a rien”. Bien sûr, je n’ai pas seulement dit que ça n’était pas possible, j’ai été un peu plus explicite.

Si vous vous retrouvez dans ce type de situation (et que vous n’avez pas trop à perdre quand même), je vous conseille de:

  • donner clairement les raisons pour lesquelles il vous est impossible de réduire vos tarifs 
  • vous montrer compréhensif tout en proposant de revoir le devis à la baisse si nécessaire en modifiant la prestation. 

Estimer au mieux son devis pour la mission

Lorsque l’on débute, il n’est pas simple d’estimer correctement son devis ! Et pour cause, quand on sort directement de l’école ou qu’on était salarié avant, on ne sait pas comment facturer une mission freelance. On n’a pas forcément eu à chronométrer le temps nécessaire pour réaliser une tâche (oui je sais qu’il n’est pas recommandé de facturer son temps mais je n’ai pas encore compris comment faire autrement …). 

Alors, les premiers devis sont un peu hasardeux… et pour moi, ça a été bien plus qu’hasardeux ! Je me suis retrouvée à dépasser mon devis de 6 JOURS !

Encore une chose à laquelle je m’attendais mais pas sur cette échelle de temps je dois l’avouer.

Ma solution depuis? Je chronomètre tout ce que je fais pour le travail chaque jour, que ce soit pour un client ou non. Puis j’analyse les données récoltées. Pour me rendre compte de ces 6 jours offerts, j’ai comparé mon devis au nombre de jours réellement travaillés.

J’espère que cette méthode m’aidera à mieux définir mes tarifs par la suite, même s’il y a des chances, que je fasse encore quelques erreurs d’estimation. Mon objectif est de voir combien de temps en moyenne j’offre sans le savoir pour estimer la marge que je dois ajouter au devis. Pour réaliser le casse-tête qu’un devis de mission freelance créé, il faut le vivre ! 

Pour conclure

Vous l’aurez remarqué, cette première mission en freelance n’aura pas été un long fleuve tranquille. J’ai fait beaucoup d’erreurs, mais je le savais. J’ignorais que j’allais en faire autant mais je m’attendais à en faire quand même.

Choisir la voie de l’indépendance implique de:

  • prendre conscience que nous aurons à nous challenger, 
  • faire ce dont nous n’avons pas l’habitude,
  • gérer diverses émotions, diverses casquettes,
  • accepter de rater (vraiment dur parfois 🙄)
  • prendre notre courage à deux mains pour se relever à chaque déception car cela fait partie de l’aventure!

Et par-dessus tout, à être ok avec tout ça 😉

Si vous aussi, vous avez des anecdotes, leçons à partager sur vos premières missions freelance ou souhaitez partager vos astuces sur ces problématiques, je serai ravie de vous lire (et je me sentirai moins seule 😅 ) ! 

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